Actualités

18 au 28 juillet 2025 : « Terre fertile », église Sainte Euphémie, Venise, Italie

20 juin au 13 juillet 2024 : « La collection idéale de JFD », Avant-Galerie Vossen, Paris

Avril 2024 : exposition « La forêt en marche », Gallery n°7, Le Mans

27 février au 9 mars 2024 : « Entre mots et choses », hommage à Francis Ponge avec Michel Collot, Librairie historique Francis Teissèdre, 82 rue Bonaparte 75006 Paris

Armande Ponge (fille de Francis Ponge), Michel Collot et Nicole Denoit

27 janvier au 4 février 2024 : exposition à la CHARTREUSE, 92310 Sèvres

2023 : publication dans le livre « Les Céramophiles, 10 ans de collections »

13 et 14 mai 2023, « Métaphysique du chou », Moulin de la Coutière, Fontainebleau

Hommage à Francis Ponge

C’est en pensant à Francis Ponge que j’ai choisi cet intitulé qui prête délibérément à rire et
renvoie à l’extraordinaire du chou, à sa complexe simplicité, à sa prosaïque somptuosité
végétale qui se suffit à elle-même et tient lieu de toute métaphysique.
Je voudrais, comme le poète, dans mon travail de céramiste, n’atteindre au plus juste que la
matérialité de l’objet, de la chose.
La modestie du chou en même temps que son statut dans nos jardins ou nos assiettes,
notre familiarité avec cette plante comestible qui figure dans beaucoup d’expressions
populaires, pourraient lui donner une place dans Le parti-pris des choses.
L’attention aigüe au détail et à l’infinitésimal qui caractérise la démarche de Francis Ponge,
son écriture poétique qui agit en microscope, m’ ont orientée vers une approche matérialiste
qui n’exclut pas un rapport affectif, une fusion avec la nature.
Je suis sensible et influencée par son intense pénétration des choses qui possède aussi
une dimension sensuelle. Les ivresses végétales que Francis Ponge exprime, ainsi ce
“Rhum des fougères”, font écho à la jouissance que je ressens au contact de la feuille
charnue du chou dont j’inscris la trace dans la terre que je travaille.
Sa pensée guide ma démarche depuis mes premières séries de céramiques mais s’impose
à moi toujours davantage.
Ainsi, je ne peux regarder cette récente série que j’ai intitulée “Mémoire de chêne” ,
constituée d’un ensemble de pièces en grès noir qui portent la trace des troncs que j’ai
observés au plus près, avec respect, puis moulés, sans entendre les mots du poète :
“Dans l’écorce, des rigoles verticales se creusent par où l’humidité jusqu’au sol est conduite
à se désintéresser des parties vives du tronc”…”Depuis le plus jeune âge, la résignation de
leurs qualités vives et des parties de leur corps est devenue pour les arbres un exercice
familier”.
La volonté de Francis Ponge d’atteindre au plus juste la matérialité d’un objet, d’une chose,
s’est d’abord imposée à moi en tant que littéraire, qu’universitaire, mais je veux ici rendre
hommage à son influence prépondérante lorsque je me suis tournée vers un autre mode
d’expression dans le domaine artistique : travailler, sculpter la terre.
“Être au plus plus près du réel, sans céder à l’injonction du beau” est un objectif qui m’est
cher. J’adhère aussi totalement au constat lucide que “Le moment où l’on reçoit le plus

fortement l’objet, ce n’est pas au moment où on le regarde, où on travaille. C’est dans la
mémoire que se forme une idée de l’objet, une sorte de sédimentation”.

C’est bien de cela dont il s’agit pour moi. Conserver la mémoire et ouvrir en créant un
espace de liberté.
La plantation de ma dernière série, “Métaphysique du chou” se développera encore quelque
temps mais je voulais rendre hommage, sans attendre, à l’influence essentielle pour moi
qu’exerce le poète Francis Ponge.

Du 15 novembre au 3 décembre 2022, « Dialogue sous un chêne » Galerie Marie de Holmsky, 80 rue Bonaparte 75006 Paris

Du 2 juillet au 28 aout 2022 / « L’absente de tous les bouquets » / Musée départemental ‘Stéphane Mallarmé’, 77870 Vulaines sur Seine

Refusant toute forme de représentation du réel, en réaction contre le matérialisme et le naturalisme, Mallarmé ne veut, ni d’une poésie descriptive, ni d’une poésie d’idées. Il s’agit alors non de ”peindre la chose mais l’effet qu’elle produit “, de suggérer son essence parfaite.

Dans l’Avant-dire” (Préface) au Traité du Verbe de René Ghil (1886) Mallarmé écrit ce qui nous inspire ici, non seulement le titre de notre exposition de sculptures céramiques en son habitation, mais aussi leur choix.

Ainsi s’exprime Mallarmé :

“Je dis : une fleur ! et…musicalement se lève, idée même et suave, l’absente de tous les bouquets”.
La Fleur en soi, l’Idée de fleur.

Certes, notre matériau n’est pas celui des mots mais de la terre et il serait présomptueux de prétendre que notre exigence de sculpteure céramiste peut s’apparenter à celle du poète mais je me permettrai seulement de dire que, pour exposer en ce lieu et choisir parmi mes créations celles qui pouvaient le mieux s’approcher de l’univers de Mallarmé, j’ai retenu deux voies.

Tout d’abord celle qui m’avait conduite à exposer en 2019 une série de céramiques nées d’instinct, je pourrais dire à l’aveugle mais s’imposant à moi d’évidence, me tournant vers une intériorité que je découvrais au moment de décider, sans hésiter, que chaque sculpture était terminée. Alors un titre, presque comme celui d’un poème, me venait parfois à l’esprit, jamais descriptif.

Quelques sculptures dans l’exposition témoigneront de cette démarche.

Ainsi “Chaos”, surgi de manière incontrôlable et cependant très travaillé, ou cette céramique baptisée immédiatement “Rêve de jeune fille” comme l’expression d’une idéalité qui m’aurait été autrefois familière.

Mais le musée Mallarmé c’est aussi une nature environnante, mieux, un de ces “vieux jardins reflétés par les yeux”, aimés du poète, mais qui, dans le célèbre poème “Brise marine”, ne pourront pourtant pas le retenir.

Certes, la mort et l’ennui poursuivent le poète mais s’expriment dans une nature omniprésente.

“Et triste, j’erre après un rêve vague et beau
Par les champs où la sève immense se pavane.
Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,
J’attends en m’abîmant que mon ennui s’élève…
– Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil
De tant d’oiseaux en fleurs gazouillant au soleil

“Renouveau”, Stéphane Mallarmé, Poésies (1862-1870)

La seconde voie qui inspire ici mon choix d’exposition au musée Mallarmé est donc celle
d’un attachement à la nature, vivant et travaillant au milieu d’une campagne inspirante.
Cependant, si une partie de mes sculptures céramiques parle de végétation, d’écorces, de lichens, si certaines séries portent le nom de “Végétalisation”, “Efflorescence”, “Éclosion”, “Sous-bois”, ma sensibilité m’a toujours tenue spontanément éloignée d’un désir d’imitation, de reproduction. C’est toujours le retentissement des éléments naturels dont je suis imprégnée, sans l’avoir aucunement décidé, qui m’inspire.

“Peindre non la chose mais l’effet qu’elle produit” m’est familier.

Et si les empreintes de feuillages, d’écorces sont fréquentes dans une de mes dernières
séries, la relation à la nature passe de la métaphore à la métonymie sans qu’une recherche
de similitude ne s’installe.

Nicole Denoit

sept 2021 à mars 2022 / « Trésors Botaniques » / galerie Contrastes / Cadenet, Luberon

16 au 29 août 2021 / galerie Les Cimaises / Saint-Trojan, Ile d’Oléron

19 et 20 septembre 2020 / Le Mans / Journées du Patrimoine / N07 Gallery

Arcueil – 11-12 mai 2019


Janvier 2019 : exposition « Genèse » , Galerie « Au Médicis », 5 rue de Médicis 75006 Paris.